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La goulotte Petit Sillon

par François P 3 Mars 2011, 12:14 alpinisme

im1.jpgVoici un petit partage d’expérience d’une course que j’ai réalisé le 23 février (hors Caf MP) avec des amis cafistes du Mans et de Maurienne, pouvant intéresser les alpinistes, mais surtout les skieurs alpinistes et surfeurs alpinistes (Nicholas ?)

L’idée était de remonter la goulotte du Petit Sillon dans la Tête de Ste Marguerite, qui démarre rive droite du couloir du Petit Davin, déroule sur 450 m en exposition nord en M4, et de redescendre par le couloir du Petit Davin, ou en face sud par le bois du Casset .

L’équipe était constituée d’un squaleur de pente raide en ski pour l’occasion, d’un surfeur, et de 3 skieurs dont moi-même.

La montée par le vallon du Tabuc est d’abord aisée, puis considérablement ralentie par une zone très plaquée

En rouge, tracé de la goulotte, au moment où nous chaussons les crampons à l’attaque

Bon, il faut bien y aller et je m’y colle !

Un bon 4 sup, en crampons et chaussures de ski .. pas l’idéal question souplesse des chevilles, mais avec un peu de douceur, ça passe sans trop de problèmes

L’art va consister à éviter les plus grosses vaporisations, dans la partie la plus délicate, plutôt rocher (1 relais sur 1 piton doublé d’un camalot double 0)

La suite, techniquement plus facile, entre 50 et 60° de pente

… et l’ambiance devient bien esthétique. Je commence à m’habituer à progresser dans les coulées de 30 cm d’épaisseur, sans trop voir où je mets les pieds ni où je plante les piochons

 

Aucune possibilité d’installation de relais « en dur », neige profonde dans laquelle la pelle à neige est inefficace, il faut bien se résoudre à assurer à l’épaule … et 2 à la fois, ça devient vite fatiguant

Puis belle étroiture, bien belle … mais qui pose un problème au squaleur qui défriche pour envisager un jour la descente … trop étroit pour un ski, un snow board ou un squale en dérapage !

Mais surtout … les avalanches continuent à s’engouffrer … et autant un grimpeur juste chargé d’un sac se défend bien dans une coulée, mais avec un surf ou des ski sur le sac qui ne demandent qu’à prendre appui sur la neige descendante, c’est une autre affaire ! Petit moment de crispation !

Sortie à 45°

Du coup, avec l’obligation de s’assurer et l’impossibilité de progresser en solo dans les pentes de neige, l’horaire en prend un coup, et la sortie se fera juste avant la nuit !

Magique ! on aimerait pouvoir rester là pour profiter du spectacle.

La descente se fera donc de nuit, je passe élégamment sur les pannes des frontales, les 200 m de dénivelé en face sud plaqués à souhait …,

… la difficulté de s’orienter de nuit à ski dans les bois, les rappels dans les arbres qui se coincent, l’arrivée surréaliste au Monêtier sur les pistes de ski de fond au milieu des prés, et la marche jusqu’au Casset pour récupérer le camion …

Au total :  - ambiance magnifique

-

Style de course à réserver à des personnes totalement autonomes

- favoriser (comme souvent) une cordée de 2 bien plus rapide

- approche et descente invraisemblable pour des alpinistes non skieurs (importante différence de vitesse de progression sur l’approche en neige profonde entre les skieur et le surfeur en

raquette, de plus seul à refaire la trace raquette (il testera avec succès ultérieurement les mini ski d’approche)

- et surtout, ne pas négliger la prise à la neige des planches transportées sur le sac dans les vaporisations de poudre et qui ne demandent qu’à redescendre avec la neige … avec celui qui les transporte(nous avions envisagé comme certains le pratique, des modes de tractage du matériel, mais qui s’avèrent impossibles en rocher)petit3.jpg

verti1verti2.jpg

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