Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Au delà de la Verticale

par Paul-Vincent 6 Juin 2013, 14:25 escalade

On ne s'improvise pas modeste. Science du geste faussement innocent, du mot choisi avec soin et placé au moment opportun, la modestie est le sommet de la technique du poseur parfait.
Georges Livanos

 

Au départ, il y avait un grimpeur de génie, un artificier qui faisait passer les soirs de 14 juillet pour de tristes spectacles convenus. Le feu d'artifice, le vrai, on peut le côtoyer tous les jours à quelques pas de Marseille, dans les Calanques. Une explosion de couleurs, de lumières, le vert de la garrigue particulièrement fournie cette année, le bleu azur de la mer tirant parfois sur le turquoise pour le plus grand bonheur des nudistes de la Leque, et cette roche au multiples nuances. Et puis, il y avait aussi un itinéraire « couillu » à la Concave, un défi lancé en 1966 par le Grec et l'Ingénieur, pour déflorer parfaitement ce val autrefois vierge.

concave

1966 c'était deux années trop tôt et il fallait bien faire souffler un vent de liberté sur cette paroi. En 1994, Jérôme Rochelle décida qu'on pouvait être libre et couillu à la fois, malheureusement ce genre de libertinage n'est réservé qu'à quelques Happy Few. Cette injustice fut réparée deux années plus tard par Hervé Gugliarelli, qui découvrit un itinéraire astucieux et abordable quoique au delà de la verticale.

C'est comme cela que nait un mythe pour les grimpeurs modernes que nous sommes.

1h30 d'approche, c'est suffisant pour évoquer les bases anthropologiques des rituels chamaniques, prendre le temps d'admirer différents points de vue sur le cap Morgiou ou de conseiller Gutemberg à des grimpeurs venu de Gap pour parcourir le Temple. « C'est tout patiné! ». Non mais vraiment quelle idée de faire tant de chemin pour risquer la zipette à chaque pas ? Les fadas. Mais bientôt la concave se rappelle à nous. Elle est là, évidente, imposante.

Six longueurs annoncées soutenues. Bob Walker et moi-même avons mis toutes les chances de notre côté : une corde simple, des dégaines légères, du pain à l'orange, de l'eau, de l'ombre et bien sûr des figolus.

Une première longueur dalleuse sur mur blanc, ça passe bien et la cotation est débonnaire par rapport à sa voisine Poque Te Vas.

dalle
L1 – On a la dalle de la dalle

Ensuite, un départ très bloc où il ne faut pas remonter trop tôt, même avec les crougnettes ! Le reste déroule bien. On arrive sur une grande vire qui permet de se soulager. Bob Walker est content.

 
L2 – Les crougnettes, un faux plan

content
L2 – Que c'est bon !

La troisième longueur n'est pas bien méchante, mise à part le réta final qui nous alerte : ne serait-ce pas la poisse sur ce calcaire marneux ? Hein, hein, le vent souffle de la mer...

repos genoux
L3 – Il y a même un repos intégral à genoux


L3 – La sortie daube sur des prises grasses

Qu'importe, il va quand même falloir s'atteler à la longueur clé qui, même si elle commence sous le figuier, ne sera pas du gâteau figolu. Une traversée sur de gros bacs, un mouvement d'amplitude et fiou une première zipette. Une patinoire verticale au mois de juin dans les Calanques ! Finalement ce sont nous les fadas... C'est dur mais Bob Walker ne se défile pas et moyennant quelques biscuits sort.

zoo1 zoo2
zoo3
L4 – Mini zoopraxiscope d'un grimpeur d'exception

zoo4

candelle
R3 
– Une vue imprenable sur la Candelle couronnée du figuier

Finalement, la voie revient progressivement sur du calcaire blanc, moins rond, plus adhérent. Ouf.

sortie
L6 – La sortie, c'est beau

Ne reste plus que le magnifique chemin de retour qui longe le Cap Gros. Des grimpeurs en finissent avec l'arrête de Marseille. Nous, nous terminons une belle journée et nous reviendrons sûrement un jour de mistral !

arete marseille
L'arrête de marseille

commentaires

Manu 10/06/2013 13:41

Bravo Paul, ça c'est de la croix! Ca donne envie, mais va falloir s'affûter d'abord...

remi 09/06/2013 20:45

top classe

Haut de page