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alpinisme en Suisse Episode II

par LUCILLE 18 Juillet 2012, 17:09 terrain d'aventure

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J2 et J5 : Le Mammouth s'appelle tel qu'il se présente: un imposant rocher bien massif et bien repérable, une grosse bête brune directement attenante à la cabane du mountet. On l'apprivoise vite, on l'adopte , on apprend à le connaitre, comme un gros voisin qui se dresse là tous les matins!

Par sa tête ou par sa queue (on ne saura jamais vraiment), l'ascension commence en douceur. Tantot moussue, tantot gravilloneuse et quelque fois daleuse cette pente progressive nous même sans stress et comme par magie sur le dos de l'animal.

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Et là c'est une fabuleuse traversée qui commence dans un gigantesque terrain de jeu dont les règles consistent à slalomer entre les gendarmes, se tenir en équilibre sur le fil, enjamber des gros blocs, gravir ou contourner d'énormes tas de cailloux d'un bout à l'autre de la crète au gré de ses tumultueuses infractuosités.

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Attaquée à J2, notre traversée a été interrompue à peu près à mi-parcours par une menace d'orage qui nous a fait rebrousser chemin vers l'échappatoire centrale par des vires suivie d'un rappel.

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Retour sur "la bête" à J5 avec une escalade par une voie centrale pour récupérer le milieu de l'arête. Cette deuxième partie est beaucoup moins confortable et plus hasardeuse que la première puisque le rocher n'est plus un bloc homogène mais un indéfinissable empillement de cailloux enchevêtrés dans un équilibre assez précaire...

La somme de ces deux belles journées est une très belle expérience de traversée ou l'expression "terrain d'aventure" porte bien son nom et prend tout son sens!

 

 

 

 

 

 

 

 

  J4: Le besso AD.

 

La veille, nous avions comme objectif la traversée Besso-Blanc de Moming, avec en tête la possibilité de faire un point horaire au sommet du Besso et de renoncer à la traversée au cas où nous serions trop lents par rapport au topo (Cabane-sommet 5h + traversée 2h+redescente 3h)

 

Couchés tôt, levés tôt. Les lampes balancent, les grosses tapent dans les cailloux. Les piquets rouges, le glou glou du ruisseau : on guette les indices. Le voilà, « le Besso » rouge sur son rocher.

 

 

C'est parti pour 1h00 d'approche raide et nocturne, de cairns en vagues traces, de pierrier en moraine, pour finir par un névé bien gelé. Nous voilà à l'attaque, toujours bien marquée de rouge. Montée encordés court dans les gradins, à la lueur de la lune, jusqu 'à l'arête, où le vent nous saisit.

 

La suite déroule, à corde tendue, sur du bon rocher. Cyril bataille pour essayer de récupérer un coinceur trop bien coincé … oublié que si mes mains se faufilent au fond des fissures, le suivant aura peut être du mal, lui, à aller rechercher le matos. Peine perdue pour cette fois, le friend restera là.

 

Je fais gaffe pour les suivants. Ça file à un bon rythme, Seb galope devant avec Jean-Luc, mais on ne se laisse pas semer. Nous résistons à la tentation de griller le sommet par la droite, via les vires délitées de la voie de descente. Ça serait mieux sans doute, pour enchainer par la traversée, mais le caillou quand même là au dessus, on aimerait bien l'avaler au passage.

 

Une dernière longueur, contournant le bastion terminal, nous amène enfin au soleil du sommet.

 

L'échine de l'arête sud ouest s'étire dans l'ombre à nos pieds. Courte pose, photo des héros sur fond de Cervin, et nous voilà repartis. Jusqu'ici on est bien dans les temps, mais qu'elle semble longue, cette arête sud! 2H00, qu'ils disent, dans le topo?

 

Un début facile jusqu'au replat où s'amorce de la voie de descente, puis ça ralentit, rocher moins net, une longueur à califourchon sur une fine échine , jusqu'à la brèche, au point le plus bas de l'arête. On a mis 1h30 pour venir jusque là depuis le sommet. Devant nous, plusieurs gendarmes se succedent qu'il paraît difficile d'éviter, tant les pentes en dessous sont dignes de l'Oisans, empilement de rochers branlants. Hésitations. On sent venir la fatigue, à l'idée de devoir chevaucher encore quelques heures cette longue crête. Seb pousse néanmoins jusqu'à la pointe du 1er gendarme, et nous voilà tous les 4 sur ce spit perché. Rappel or not rappel? Là, c'est décidé, nous n'irons pas plus loin. Demi tour donc, pour remonter jusqu'à la flèche- repère qui nous plonge dans la face sud ouest, vers notre point de départ. Une descente sans difficultés, mais qui réclame néanmoins de l'attention, terrain à chamois, improtegeable. Et nous retrouvons 2h plus tard le névé, bien ramolli, où Cyril nous fait une magistrale démonstration de piolet ramasse, et Seb s'amuse à tenter de déstabiliser Jean-Luc, qui tient bon, droit dans ses crampons! Entre temps, le grand bleu a viré au gris, et les nuages s'accrochent et tourbillonnent sur les crêtes.
Superbe journée, rien à regretter, le Blanc de Moming sera pour un autre jour. La montagne ne bouge pas, on y reviendra.

 

 

 

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