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Mont Blanc, le sommet

par Alpinisme Escalade Ski Randos au CAF Marseille 18 Mai 2017, 08:33 ski de randonnée

Titre :

Mont Blanc

Participants :

Dominique Torgue, Eric Mauduit, Marc Soukiassian, Valerio Olivetti.

Période :

De lundi 8 Mai et Mercredi 10 Mai.

 

Récit d’ascension :

C’est la nuit, j’ai les yeux fermés, la tête plein des pensées, et un question qui monte : je dors, ou je suis réveillé ?  Je rêve simplement d’être réveillé ou je suis vraiment réveillé ? j’aurai seulement quelques heures de sommeil et il faut que je profite de chaque minute de sommeil. Quelques minutes de sommeil en moins ça veut dire quelque miette de fatigue en plus le lendemain ... Quelle nuit relaxante, diriez vous! Finalement, pas autant que ça, juste la difficulté de s’endormir quand tu es mille personne dans un dortoir d’un refuge, il fait chaud et il est 19h30 du soir.

Donc, comment je suis atterri ici ? toute cette histoire commence au début de l’année. Je croise Dominique durant la réunion des encadrants de ski de rando, et j’entends parler du Mont Blanc. Bien, je montre toutes mes motivations pour un projet comme tel. Apres c’est le téléphone d’Eric au mois de mars qui me rend heureux. Ils sont en train d’organiser le truc et Eric a pensé a moi comme le quatrième. Doublement heureux.

L’organisation est faite, Dominique réserve le deux nuits au refuge de grands Mulets, et on se donne le rendez vous pour partir le vendredi. Meteo, plutôt incertaine... Apparemment il y a un fenêtre de beau temps juste le mardi. Non, la meteo change : le mercredi est bon, non, le mercredi matin est bon, mais l’apres midi se recouvre, non le mardi est pire, le lundi orage, non le lundi est bonne...  chance, c’est ça qu’il faut avoir et ... une semaine de congé.

Finalement, le dimanche, tranquillement nous sommes sur la route et le soir nous sommes au pied de Monsieur le Mont Blanc. Premier doute : quelqu’un d’entre nous propose de monter comme personne le fait depuis au moins 200 ans. Le Mont Blanc intégrale, à l’ancienne, à pied depuis Chamonix. Je trouve l’idée magnifique! Il me faut juste un an d’entrainement et âpres je serai prêt !  L’idée reste magnifique, mais on remporte la réalisation pour quand on aura deux semaines de congé, on se dit ça dans la cabine de la téléphérique qui en 7 minutes nous amène entre le centre de Chamonix et la station de Plan des Aiguilles 2300 m d’élévation sur le niveau de la mer et 1000 sur le niveau des bars de Chamonix.   

On atterri au Plan des Aiguilles immergé dans la brouillard plus dense. GPS et une trace déjà faite aident Dominique à nous guider vers la jonction, réputée le passage clé de la journée. Parfois la brouillard se démêle et nous laisse admirer la paroi nord de l’Aiguille du Midi. Une structure géologique imposante, plus de mille mètres de roche verticale et glace, ornée des flamboyantes tours qui s’enlèvent comme dans un cathédrale rocheuse autant parfait qu’elle semble dessinée par la nature express pour, pour... installer au sommet : restos, un musée, un cinémas, quelques boutiques, un supermarché, spa et centre de massage.

Et finalement le passage de la Jonction. Un des passage qui appartient à l’histoire de la conquête du Mont Blanc. Ici deux glaciers se croisent et chacun veut dominer l’autre et tente de le chevaucher. Le résultat c’est un spectacle de séracs et tours de glace dans le quel tu dois trouver ton passage sans finir dans quelques trous, peut-être connecté directement avec Chamonix (Photo).

Vers 16h30 nous arrivons au refuge des grand Mulets (3050m). On laisse les skis sur le glacier et après 5 minutes de via ferrata on rentre dans le refuge. Le diner nous attend vers 18h et aussi un décision à prendre : choisir l’itinéraire de montée vers le sommet des Alpes. Le défi est lancé. Excitant. Depuis le refuges des Grands Mulets, il existe deux choix : l’itinéraire historique, plus facile et rapide, se déroule au fond du glacier jusqu’au col du Gouter. L’itinéraire moderne, plus long et difficile, monte sur l’épaule qui borde la gauche orographique du glacier et suit une arrête large mais qui peut être un peu, ou très glacée. Le premier itinéraire est exposé à la chute de séracs et aujourd’hui peu fréquenté à la montée (on sais bien que les nouvelles générations sont plus attentives à l’intégrité physique et moins fataliste). Il reste comme voie classique de descente pour tous. Nous, par rapport aux autres dizaines d’hôtes du refuge on a un avantage : on a programmé de rester ici deux jour.  Très bon choix, bravo Dominique ! Cette idée est très bonne, pas seulement pour l’acclimatation, mais pour s’éloigner de la façon « mont blanc dans un seul gorgé » qui la plupart de gens achètent comme un paquet touristique tout compris : monter, passer la nuit au refuge, dormir 5 heures, monter au sommet, et à 17h  être à l’heure pour l’happy hour dans un bar de Chamonix, et avoir mis un autre croix sur la liste des propres sommets. Nous avons le temps, on a pris un semaine de congé...

Le matin, tout le monde se réveille à 1h30 et nous à 6h30. Ah, le vacances! Vers 7h30 on part vers l’arête nord de Gouter, l’itinéraire des générations modernes. A la sept centième conversion sur 300 mètre de dénivelé on met le ski sur le dos et on continue crampons et piolet, sur un arrête large, raide environ 50° et agréablement  glacée sur certains marceaux (heureusement, assez courts). On arrive au col du Gouter, et de là au Dome du Gouter, qui à la revanche de son nom un peu ridicule, fait 4304m et rentre en plein titre dans la liste de vraie montagne de 4000m. On est dans la ligne de partage des eaux, ah si c’est beau l’Italie depuis ici! On descent le long de l’itinéraire classique de la descente et on passe à coté des grand séracs qui dominent les deux passages plus raides, le Grandes Montées et les Petites Montées. Neige croutée au départ, magnifique sur le reste de la descente. On se régale, cependant l’élévation, que me poumons ne gèrent pas trop bien.

Après-midi de relax au refuge. Demain c’est le grand jour et la tension augmente. La meteo va tenir ? les jambes aussi ? Pendant le diner, on parle avec les voisins et on réfléchit. Chacun a sa propre stratégie. Les guides passent toujours par l’arête du Gouter. Je sais pas si dans le cours de guide il y a un module de statistique, mais effectivement c’est raisonnable, la probabilité de chutes de séracs est assez faible, mais augmente énormément si on fait ça toutes les semaines. Mais c’est pas le cas pour nous... donc dans la tête commence à pousser l’idée de prendre l’itinéraire ancien. Eric lance timidement la proposition, qui vient accueillie par les autres membre de l’équipe avec un confortant : « mais oui ! bien sur ! aucune envie de refaire la chienne d’arête d’aujourd’hui ! » Les dés sont jetés. Maintenant reste encore la premier difficulté : s’endormir à 19 h du soir.

Matin : 1h20 réveil, 1h30 petit dej, 2h15 une jolie via ferrata pour se réchauffer, 2h30 rendez vous au dépots de skis et départ. L’arête du Gouter est déjà pleines de petites lumières de frontales, et la lune éclaire faiblement notre itinéraire de montée. C’est le même itinéraire de descente d’hier, mais il semble être dans un autre dimension. Il n’ y a pas de vent, et il ne fait pas du tout froid, je suis habillé exactement comme dans le jour. Le frontale illumine les pointes de skis, qui suivent la trace faite par Dominique. Les pentes sont labourées pour les traces de descente mais personne n’est encore monté, donc il faut tracer, et on s’ échange en tete. Monter par cette itinéraire c’est faire un voyage dans l’histoire. Le nom des lieux évoque l’épopée des premières ascensions : le Rocher de l’heureux retour, les Petites Montées, le Petit Plateau, les Grandes Montées et le Grand Plateau signent la séquence des passages clés que les explorateurs du Mont Blanc ont rencontrés entre le 1775 et le 1786, année de la conquête du sommet par Jacques Balmat et Michel Paccard. Je monte dans la nuit, encordée à Eric, et je pense à eux qui il y a 230 ans marchaient pour premier sur cet itinéraire, habillés de laine et cuir, sans crampons, ni ski. Et surtout sans refuge. Ils devaient être pousser par une grand motivation, bien au-dela de la simple récompense d’argent que le scientifique suisse De Saussure avait mit en jeu. Le ciel commence à annoncer le jour, et l’aube s’élève. Au col du Gouter on est le premier, bien à l’avance par rapport à tout le monde qui a choisi l’arête.  A 8h30 nous sommes à la cabane Vallot (4362m), un bivouac permis seulement en cas d’émergence. L’émergence peut être de différents genres, donc il ont pensé bien de construire aussi un pratique toilette. La femme de ménage ne doit pas passer trop régulièrement ici, et ça se voit. Dommage que les gens doivent être incivils aussi en altitude. 

D’ici, on ne sera plus seul, nombreux gens sont arrivés et on se met dans la queue qui commence à se dérouler le long de l’arête des Bosses. La plupart de gens laissent ici les skis pour continuer pieds et crampons sur l’arête. Je suis en peu en retard par rapport aux autres, que je vois de loin. En plus je suis tombé derrière un groupe encordé avec le guide et ils marchent lentement, étrangement, encore plus lentement que moi. Bien, je prends mon temps et je profite aussi pour prendre quelques photos. A 10h30 on est au sommet, point culminant de la chaine des Alpes, de la France, de la Savoie, de la vallée de Chamonix, etc, en tout cas, le plus haut sommet que personnellement j'ai jamais gravi. Je suis très content. Il me semble de voir la même joie dans les yeux des autres, cachés derrière les lunettes de soleil. Petite séance photos et on se prépare pour la descente. On part vers la droite (est) sur des pentes pas très soutenues. La neige est dure pour le premier 100 m de dénivelé, après devient fraiche et belle à skier et la pente augmente. A 12h30 on est au refuge pour récupérer des choses et prendre un petit pique nique, à 13h50 on repart et à 16h nous sommes à Plan des Aiguille, bien une heure à l’avance sur la dernier benne.

 

Note de bas de page (quelques lieux plus ou moins communs que je viens de découvrir) : 

Le Mont Blanc n’est pas le sommet plus haut d’Europe (c’est le Mt Elbrouz, 5642)(mince !)  

L’hauteur du Mont Blanc est 4808,8 donc approximé à 4809 et non 4810 (mince, j’ai perdu un mètre de dénivelé!). 

Apparemment, la vrai frontière entre la France et l’Italie passe exactement sur le sommet (le IGN triche). Oui, je sais, je fais un peu le chauviniste. Pas vraiment chauviniste italien, plutôt chauviniste savoyard (Savoie = petit glorieux royaume alpine au quel le Mont Blanc a appartenu depuis le X° siècle jusqu’a le 1860).    

La raison principal pour la réveil à 1h30 du matin, c’est de ne pas rater la dernier course en téléphérique qui départ à 17h.

La corde dans l’ascension du Mont Blanc sa serve principalement pour tirer les copains fatigués et peu motivés (comme il nous a avoué un vieux expert du Mont Blanc durant l’ascension) et peut être aussi pour les fouetter).

Le dopage est merveilleuse! Vive le diamox ! Chercher de l’aide dans la chimie soulage le moral et surtout ton sang et sa capacité à réagir à le manque d’oxygène. Attention, c’est bien, excepte que dans de cas de compètes (ça devient tricher). En tout cas, il te fait sentir un petit Pantani et tu commence à avaler les pilules à l’abri de regards indiscrète. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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