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Le stage Initiateur rando montagne CAF Nice Mercantour – FFCAM,

par Cecile Bouchet 11 Décembre 2015, 12:25 randonnées

Le stage Initiateur rando montagne CAF Nice Mercantour – FFCAM,

~~ Nous sommes 16 apprentis encadrants pour ce stage d’initiateur rando montagne organisé par les bénévoles de l’équipe formation du CAF Nice Mercantour sous l’égide du Comité Régional PACA. Notre terrain de jeu est la Vallée de la Vésubie, où nous nous retrouvons sur 2 week ends de la fin septembre : Audrey, Antoine, deux Cécile, Christiane, Denis, Eric, Frédéric, Isabelle, Momo, Patrick, Pierre, deux Philippe, Remy et Yoann. Nous sommes issus de 6 CAF différents : Nice Mercantour, Cannes, Marseille pour la région PACA, et Chamonix, Roanne et Paris pour les « nordistes ».

~~Samedi 19 et dimanche 20 septembre

Nous sommes coachés par 2 formateurs évaluateurs : Eric et Robert, ainsi que par 3 encadrants dans le cadre de leur recyclage : Michel, Solange, Yvonnick. Renée nous apporte sur le terrain ses encouragements et sa bonne humeur, et Danièle, à distance, a ssuré tout le soutien logistique. Le samedi, la journée démarre au refuge de la Madone de Fenestre : briefing sur l’organisation du stage et les objectifs ; déjà Eric qui nous met un peu la pression ! Après un tour de table de présentation des participants et un bon café, on attaque les révisions. Le premier sujet est la préparation d’un plan de marche, avec rapporteur carré, papier et crayon, sans calculette ni PC … L’exercice est toujours un peu difficile, les cartes d’un côté de la table à l’autre se superposent, on a du mal à ne pas demander au voisin « tu trouves combien ? ».

Au bout d’un certain temps (Eric et Robert trouvent plutôt que c’est un temps certain !!), nous arrivons tous au bout de l’exercice et sommes normalement capables de mener le groupe à la Baisse des 5 Lacs par le Vallon du Ponset, avec une boucle retour par le Vallon de Prals. Ce que nous ne ferons pas cette fois, mais l’itinéraire est prêt pour une occasion ultérieure … Suivent des exercices de cartographie et orientation en salle ; nous sortons le temps de viser un sommet, et retournons en salle reporter notre azimut sur la carte, afin de déterminer, tour à tour, les noms des sommets qui entourent le refuge : sa majesté le Gélas, mais aussi bien sûr la Cime de la Valette de Prals, l’Agnellière, le Mont Caval, …

Puis, chacun doit décider, sur la carte, d’un sommet à déterminer, et doit aller le montrer à Robert sur le terrain. Nous faisons ensuite un exercice de triangulation : sur la carte, il s’agit de choisir un endroit depuis lequel on relève 3 azimuts vers des points remarquables ; sur un papier, on indique ces 3 points et leurs azimuts relevés, et on échange avec un autre stagiaire ; l’objectif est de recalculer, à partir des azimuts et de leur triangulation, où se trouvait le collègue lors de sa visée virtuelle. Robert, décidément joueur, nous donne un dernier exercice : dessiner le plan de la salle, relever 3 azimuts par rapport aux coins de la salle, et se situer dans la salle par triangulation. Après un grattage de têtes, l’orientation du plan par rapport au nord permet de faire une triangulation plus qu’approximative, mais qui au moins nous place plutôt à l’intérieur que dehors ! La matinée ainsi (bien) remplie, nous partons pique niquer et voyons progressivement revenir l’équipe des cacheurs de balises, tous initiateurs rando pour qui l’exercice fait partie de leur recyclage.

Pendant ce temps, Eric propose, pour la randonnée du dimanche, un objectif tranquille : le Gélas ; de son côté, Robert fera l’article pour que l’autre partie du groupe parte baguenauder sur le vaste plateau herbeux de l’Agnellière ! • A partir de 13h, Robert donne le signal des départs échelonnés de la chasse aux balises (d’aucuns proposeront lors du débriefing du dimanche que pour motiver les troupes, il y ait un p’tit coup à boire sous chaque balise …). Comme ce matin, c’est chacun pour soi, il y a 5 balises à trouver par personne, avec un objectif de le faire en moins de 2h30. Sans dévoiler le territoire de chasse, nous avons tout de même parcouru 7 km, et de l’ordre de 540 m de dénivelée (note pour les examinateurs : non je n’ai pas triché, mon GPS était bien éteint, j’ai resimulé l’itinéraire a posteriori !!!). Tout le monde est de retour vers 17h.

Mais lors du débriefing du dimanche soir, nous apprendrons que l’exercice n’est pas pleinement concluant et qu’on va remettre ça le week end prochain … ☹ Soirée fort sympathique au refuge, avec une bonne flambée, un bon repas copieux, et pour permettre l’élévation des esprits, des exposés professionnels, romantiques ou imagés : les points chauds radioactifs laissés par la catastrophe de Tchernobyl sur le Mercantour ; la géologie et le rapport temporel entre la terre, les roches, et l’homme ; le bouquetin, seigneur des cimes ; la flore (endémique ou pas) du Mercantour ; et un aperçu de météo.

Pendant ce temps, les apprentis initiateurs qui vont se lever à 5h du matin pour faire le Gélas préparent leur plan de marche. Tout le monde est enfin couché à 22h30 … La nuit va être courte pour certains ! Lever 7h (grasse mat’ pour les autres, donc), petit déjeuner, on prépare le plan de marche pour aller à l’Agnellière ; comme d’habitude, nous sommes plus ou moins optimistes sur la durée de la randonnée : 850 mètres de dénivelée et 7,5 km calculés à la main – en fait, 10 km sur SityTrail ! Chacun sera tour à tour leader et serre-file, occasion de pauses, échanges d’expérience, causeries diverses.

Arrivés au lac de Fenestre, Robert nous fait faire un nouvel exercice. Chacun doit déterminer le temps qu’il mettra pour rejoindre le col de Fenestre, puis marcher au rythme qui lui semble correspondre à ce qu’il a prévu ; arrivé au col, on vérifie le temps effectivement mis. Les écarts s’avèrent raisonnables, ceux qui sont montés au pas de course ont grosso modo respecté leur timing, ceux qui sont montés tranquilles ont plutôt mis un peu moins de temps que prévu. En tout cas, la vue au col est à couper le souffle : la plaine du Pô dans toute son étendue, et là bas, au loin, qui se détachent nettement et sont parfaitement visibles aux jumelles, le Cervin et le Mont Rose ! Nous quittons le col frigorifiés (ah, le mistral dans le Mercantour …)

pour rejoindre le Pas des Ladres, d’où nous voyons le lac de Trécolpas et le refuge de la Cougourde où nous dormirons samedi prochain. Arrivés à proximité du replat, nous laissons 3 gardiens de sac sur le versant sud à l’abri du vent et au soleil, avant d’aborder la traversée du vaste plateau herbeux qui mène à la croupe verdoyante de l’Agnellière, puisque c’est ainsi que Robert a essayé de nous le vendre ! La traversée sur des dalles stabilisées, un peu de pierrier, et la montée dans le chaos rocheux qui mène au pilier se passent bien. La montée est assez facile, bien que ce soit assez mal cairné. Il y a des prises partout pour mettre les mains et franchir les plus grandes « marches ». La vue au sommet permet d’avoir un très beau panorama à 360°, dominé par le Gélas. Le retour vers nos bergers de sacs est un peu plus délicat, mais la descente reste toujours facile grâce aux nombreuses prises qui permettent de poser les mains tranquillement.

Enfin, vers 13h, nous profitons du pique nique mérité ! La fin de la boucle se fait dans la bonne humeur, toujours sous le soleil, et cette fois, abrités du vent, nous pouvons envisager de retirer les vestes. Au refuge, nous retrouvons le groupe du Gélas, qui, à son grand dam, n’a pas pu rejoindre le sommet dont l’accès était trop glissant suite à l’orage et à la petite chute de neige nocturne qui a gelé le passage déjà un peu exposé d’ordinaire. Mais ils ont eu la gentillesse de partager avec nous leur marche de nuit et de nous envoyer leur reportage photo ! Nous passons au débriefing. En résumé, on recommence le week end prochain, cette fois au Boréon … En attendant, nous partons avec un peu de devoirs à faire : préparer le plan de marche du samedi, et pour ceux qui n’étaient pas prêts ce week end, boucler leur exposé. Après ce week end intense, empli de superbes paysages et de bonne humeur, c’est avec un manque certain de motivation que je rentre à Marseille et retourne au boulot !

~~Ce stage clôture le parcours de formation, aboutissant à la délivrance du Brevet Fédéral d’Initiateur Randonnée Montagne, qui nous donnera la possibilité d’encadrer bénévolement des groupes du CAF en randonnée pédestre hors des zones habituellement enneigées et des glaciers.

Le stage Initiateur rando montagne CAF Nice Mercantour – FFCAM,
Le stage Initiateur rando montagne CAF Nice Mercantour – FFCAM,
Le stage Initiateur rando montagne CAF Nice Mercantour – FFCAM,

~~La suite … samedi 26 et dimanche 27 septembre

Samedi, 8h30, rendez-vous au parking supérieur de la Vacherie du Boréon. Eric nous présente nos deux « recyclés » du week end, Dominique et Etienne qui viennent du CAF de Barcelonnette, puis fait le briefing sur les objectifs du week end. Après avoir chargé les mulets – pardon, les stagiaires – avec le pain pour le refuge, les cordes et les radios pour nos exercices, nous nous mettons en route sur notre plan de marche du jour. Il s’agit de rejoindre le refuge de la Cougourde par les Lacs Bessons, en boucle par le Collet des Lacs Bessons.

En préparant le plan de marche, nous avons tous pu constater que seule la première partie de l’itinéraire se faisait sur sentier balisé, et qu’à partir des Lacs, nous serions sur un parcours plus délicat. Nous partons optimistes, forts de nos travaux à la maison, pour 1 007 (ou 1 005 selon les plans de marche) mètres de dénivelée positive, et 557 (560 pour d’autres) mètres de dénivelée négative et quasiment 8 km. Du gâteau !! Départ 9h20 (à peu près).

Tour à tour, selon l’incontestable loi de l’ordre alphabétique, nous sommes serre-file puis meneur. En route, Robert nous fait faire des arrêts intempestifs : « où sommes-nous ? quel est ce sommet ? » et frénétiquement, nous sortons cartes, boussoles, rapporteurs carrés, règles, grigris divers et variés, pour apporter la (forcément) bonne réponse dans un temps (forcément) record, sous le regard scrutateur d’Eric qui évalue nos performances. Après le repérage de la Cime de Baissette, puis le cheminement le long du torrent vers la confluence du Vallon de Baissette et du Vallon des Lacs Bessons, nous attaquons les choses sérieuses.

La pente s’accentue nettement, la sente chemine entre blocs et chaos rocheux, marquée par des cairns. Robert nous ayant demandé de respecter strictement le temps indiqué dans notre plan de marche, nous montons en ordre dispersé, chacun au rythme qu’il estime être « le bon » par rapport à ses calculs. Les très ambitieux ont prévu de faire les 250 mètres de dénivelée en 25 minutes …

Comme nous sommes plusieurs à avoir décidé qu’une montée à 300 mètres de dénivelée par heure (soit en 45-50 minutes) serait raisonnable, nous prenons notre temps, avec une arrivée globalement comprise entre 1 et 5 minutes de moins que le temps prévu. Il faut dire que la montée est assez rude, mais quel panorama quand on débouche du verrou rocheux pour découvrir le premier des lacs Bessons dans son écrin de montagnes !

Le travail des glaciers depuis longtemps disparus est nettement visible, et c’est avec bonheur que nous nous jetons sur les rochers pour pique niquer dans ce nid quasi douillet, avec vue (quand les nuages le veulent bien) sur le Caïre de l’Agnel et la Tête de la Ruine. Nous voyons Eric, Dominique et Etienne arriver tardivement. Etienne est malade, gastro semble-t-il ; si nos discussions lui arrachent quelques sourires, il ne mange pas, et Eric prévoit de redescendre avec Dominique et Etienne soit directement au refuge, soit directement au parking. Nous nous séparons donc, et ne profiterons pas plus longtemps de l’expérience de nos encadrants en recyclage.

Le stage Initiateur rando montagne CAF Nice Mercantour – FFCAM,
Le stage Initiateur rando montagne CAF Nice Mercantour – FFCAM,
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~~Robert reprend en main notre groupe, et c’est la montée vers le collet des Lacs Bessons, avec la découverte du 2ème magnifique lac et de son déversoir, puis du 3ème petit lac. 2 options s’offrent à nous pour monter : soit par le couloir directement dans l’axe du dernier lac vers le collet, soit en suivant les lignes de courbes les plus douces (façon de parler). Des gens descendent par le couloir, tandis que nous montons par l’itinéraire est / nord-est qui suit plus les courbes de niveau au lieu de monter « bille en tête ».

Le leader fait faire un peu de désescalade à ceux qui sont directement derrière lui, tandis que quelques dissidents (pas bien !!) prennent un passage plus facile à quelques mètres de là, l’occasion de quelques boutades de part et d’autre. Arrivés au collet, nous ne traînons pas pour admirer le paysage, qui est en train de se noyer dans les nuages …

Notre nouveau leader, qui est aussi à l’aise sur ce terrain que s’il était issu d’un croisement entre chamois et bouquetin, entame la descente, dans un éboulis-chaos assez raide qui nous casse bien les jambes. Tiens, d’ailleurs, en parlant de bouquetin : à une cinquantaine de mètres de nous, il y en a un qui monte, doucement, tranquillement, sans se soucier de notre présence, certain que quand bien même nous le voudrions, nous mettrions pour l’atteindre plus de temps qu’il ne lui en faut pour traverser le vallon !

Au fur et à mesure de la descente, notre espoir de voir le terrain s’adoucir s’estompe. A la confluence des vallons sous le Gendarme de l’Agnel, on passe du pierrier au bon gros chaos rocheux, où nous crapahutons avec plus ou moins de légèreté, d’habileté, mais globalement en ronchonnant sur les cuisses qui commencent à tirer et les genoux qui grincent …

Le stage Initiateur rando montagne CAF Nice Mercantour – FFCAM,
Le stage Initiateur rando montagne CAF Nice Mercantour – FFCAM,
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~~L’arrivée au lac des Siagnes est décevante après le spectacle donné par les lacs Bessons, mais juste avant nous avons pu observer une fois de plus un troupeau de chamois. Au lac, une scission s’opère, le leader part à droite dans le chaos rocheux tandis que quelques malins partent discrètement en direction du sentier (pas bien, mais pas fous !). Après quelques crapahutages supplémentaires et la traversée du terrain un peu marécageux du côté du Gias des Siagnes pour ceux qui ont suivi le meneur, tout le monde se retrouve au refuge pour une pause café.

C’est qu’il est tout de même 17h, et nos plans de marche se sont avérés bien en-dessous de la réalité. La trace GPS de notre parcours fait ressortir 1 120 mètres de dénivelée positive et 711 mètres de dénivelée négative, pour 10,7 km … preuve que le hors sentier est bien plus délicat à appréhender, le randonneur devant se plier aux contraintes du terrain, particulièrement importantes aujourd’hui avec les multiples chaos rocheux !

Charly, le gardien d’hiver du refuge dont c’est la prise de service, récupère avec joie les miches de pain que nous avons montées, et nous récompensera en nous offrant l’apéritif en plus d’avoir préparé un délicieux dîner, merci Charly … et merci à Eric, décidément très polyvalent Président du CAF Nice Mercantour et du Comité Régional PACA, qui a assuré tout le service d’un refuge complet, sous nos encouragements et applaudissements !

Après dîner, nous reprenons les exposés, qui continueront également dimanche après déjeuner. Ce week end, ils ont porté sur des sujets très variés : la météo avec des approches tour à tour généralistes et pointues ; pour la faune, la marmotte et ses 2 à 4 battements de cœur par minute pendant l’hibernation ; le gypaëte barbu de 2,5 à quasi 3 mètres d’envergure ; le loup et le mulet (non, pas les poissons !) ; pour la flore, les plantes comestibles et celles qui ne le sont pas, et les orties ; un sujet sur la thématique du paysage ; et enfin, la présentation d’une figure de l’histoire niçoise de l’alpinisme et du CAF, le philantrope et humaniste Victor de Cessole. Pour la suite du programme, Eric et Robert veulent avant tout valider notre maîtrise des fondamentaux, et l’idée d’une randonnée le dimanche est abandonnée au profit d’exercices complémentaires sur le terrain. Nous enchaînons donc dès samedi soir avec de nouveaux exercices sur carte : triangulation, identification de points à partir de coordonnées UTM.

Et les exercices de terrain se succèdent, marche en tiroir, nouvel exercice de recherche de balises pour certains, ateliers de manipulations de corde destinés à nous permettre de sécuriser un passage délicat non prévisible ou un membre de notre groupe qui aurait peur. Nous mettons en place des mains courantes, des systèmes d’assurage de fortune, y compris avec une solution pour récupérer la corde si le leader doit également descendre en s’auto-assurant.

La matinée de dimanche passe ainsi très vite, les exercices se succédant, chacun mettant en pratique dans les différents ateliers. Après un pique nique sous un ciel très variable, nous redescendons vers les voitures, l’occasion de faire les derniers exercices leader – serre file, et de découvrir le maniement des radios et les modalités de contact des balises du Secours 06. Nous arrivons au parking à l’heure prévue, et Eric et Robert font le débriefing du stage.

Les congratulations échangées sont sincères, et c’est avec bonheur que je m’en fais l’écho, en lien avec le plaisir que j’ai pris pendant ces deux week ends. Un grand merci à tous, formateurs et encadrants « recyclés » qui nous ont aidé à mettre en pratique les exercices et ont partagé avec nous leur expérience, merci aussi à tous les participants pour la qualité des exposés théoriques et des échanges, les boutades, les moments de rigolade, et l’ambiance. Au plaisir de vous retrouver l’an prochain pour, comme l’ont proposé Robert et Eric, une journée ou un week end de « piqûre de rappel », dans ce merveilleux terrain de jeu qu’est le Parc du Mercantour. Cécile Bouchet, CAF Marseille Provence, le 30/09/2015 Crédit photos : Christiane (corps du texte), Rémy (corps du texte, Gélas), Yoann (Agnellière et Bessons) Et pour conclure … …

un retour très personnel sur ces 2 week ends de formation et de contrôle des acquis, et plus généralement sur le cursus de formation Initiateur randonnée montagne. En ce qui me concerne, je trouve que le cycle de vie du CAF qui permet de participer à des activités, et pour ceux qui souhaitent aller plus loin, via un cursus de formation, de devenir autonome, encadrant puis éventuellement formateur, est remarquable. Le club ne peut vivre que par ses bénévoles, et il met beaucoup en œuvre pour que ceux qui en ont envie puissent devenir encadrants des activités dont ils ont été « clients ».

C’est initialement par curiosité et pour sécuriser ma pratique autonome que je me suis inscrite aux formations Neige et Avalanche niveau 1, et Cartographie – Orientation niveau 1. Le contenu de ces formations a développé ma curiosité, et j’ai regardé différemment les randos que je préparais en famille, et celles auxquelles je participais au sein d’un groupe CAF. Si mon engagement en tant que bénévole au sein du CAF est parti du volet administratif, comme membre du Comité Directeur et du Bureau, les problématiques et sujets abordés ont accru mon envie de passer « de l’autre côté », c'est-à-dire sur ce qui fait la raison même d’être du CAF : l’organisation et l’encadrement de sorties.

Ma crainte de ne pas être à la hauteur (je suis incapable spontanément de reconnaître et nommer plus de 3 sommets caractéristiques des Alpes du Sud, je connais à peine une quinzaine de fleurs, je reconnais vaguement une trace ou crotte d’animal, bref, rien que de très banal) s’est effacée ; le bénévole, encadrant, est avant tout un amoureux de la montagne qui veut partager sa passion, et qui pour ce faire reçoit une formation qui permet de sécuriser et harmoniser la pratique au sein des Clubs Alpins et de la Fédération. Objectivement, j’estime qu’en 2 ans de formations avec le CAF, j’ai appris plus qu’en 20 ans de randonnée « passive » en montagne, avec une stimulation de ma curiosité qui m’a permis de retenir beaucoup de choses pratiques sur lesquelles jusque là je n’avais pas pris le temps ou n’avais pas eu le goût de m’arrêter.

Voici quelques éléments qui m’ont marquée pendant le parcours et les différentes formations : UFCA : c’est le module qui « fait peur » car très théorique quand on en lit le programme. Outre un exposé très intéressant sur la médecine de montagne, la clarification des responsabilités de l’encadrant, du club, et de son Président sont des éléments réellement importants. Dans un monde de plus en plus « judiciarisé », nos actions n’engagent pas que nous, et se former pour encadrer un groupe dans le cadre du CAF n’est pas une décision « banale », car l’accident peut toujours arriver.

Notre premier week end de stage, les secours sont intervenus à 6 reprises sur le massif du Mercantour, dont 2 interventions nocturnes pas loin de nous, au Collet Saint Robert (itinéraire du Gélas) et au sommet de la Cougourde (sous lequel nous étions le second week end). La « banale » rando du mercredi 23/9 du CAF de Nice a également nécessité une intervention hélico pour une cheville et un péroné. Preuve que l’encadrant doit savoir éviter les risques, mais le risque zéro n’existant pas, qu’il doit également savoir réagir avec efficacité lorsqu’il est confronté à une situation difficile ou à un accident.

Le stage Initiateur rando montagne CAF Nice Mercantour – FFCAM,
Le stage Initiateur rando montagne CAF Nice Mercantour – FFCAM,

~~Secourisme : j’ai suivi cette formation en tant que Sauveteur Secouriste du Travail, qui propose sur 2 jours un parcours plus complet que le PSC1, avec un recyclage obligatoire tous les deux ans, sur le temps de travail et payé par l’employeur (une très bonne solution, donc !). A l’occasion des échanges avec les stagiaires formés au printemps cette année, il semblait que des changements importants aient eu lieu dans la formation : le sauveteur n’aurait plus le droit de faire des points de compression en cas d’hémorragie ; quant à la réanimation cardio-pulmonaire, elle se pratiquerait désormais uniquement par massage cardiaque, sans insufflations.

Après coup, l’instructeur secourisme du CAF de Nice Mercantour m’apportera quelques précisions par l’intermédiaire de Danièle, qui pilote les cycles de formations du CAF de Nice. Si les points de compression à distance sont interdits, et ça ne date pas d’hier, la compression directe de la blessure est toujours d’actualité, et le coussin hémostatique léger et pas trop volumineux fait partie de la trousse de secours des accompagnateurs du CAF de Nice. Quant aux insufflations, la précision est simplement qu’elles peuvent être supprimées s’il est impossible de les pratiquer suite à un fracas facial ou absence de protection.

Ouf, ma formation n’est pas (déjà) complètement dépassée ! Il reste que le principe de précaution doit prévaloir : éviter un geste qui pourrait entraîner des complications. Le secouriste a de moins en moins de latitude pour secourir, et son premier rôle, primordial, se cantonne de plus en plus à protéger (éviter le suraccident) et alerter. Cartographie et Orientation niveau 1 puis 2 et le stage initiateur : lecture de la carte au 25/1000ème, essayer d’interpréter le terrain à partir du papier, être proactif par rapport à ce qu’on va trouver quand on n’est jamais allé sur place.

Si j’ai découvert qu’on a vraiment beaucoup d’informations à notre disposition dans une carte IGN (et beaucoup de chance d’avoir autant d’éléments par rapport à la plupart des randonneurs des autres pays), il reste que la réalité du terrain est complexe (bien expérimenté en Vésubie, zone très rocheuse !), et dès qu’on part hors itinéraire balisé, il faut prévoir une large marge … Ces formations m’ont également permis de maîtriser quelques outils très utiles : la triangulation pour identifier les sommets (suivant les endroits, avec un intérêt à avoir aussi une carte au 50/1000ème pour « lire » le panorama).

Nous avons également largement pratiqué le repérage sur le terrain pour trouver où on est, en lien avec la carte : nature du terrain, végétation, courbes du sentier, confluences de vallons ou de torrents, courbes de niveau et altimètre, sommets visibles, … Le stage initiateur : il constitue la mise en pratique de tout cela, avec des temps d’échanges avec les formateurs, stagiaires et encadrants qui permettent de relativiser et compléter sa propre expérience, avec également un retour des formateurs et des autres participants sur la manière dont on mène le groupe, et beaucoup d’exercices sur le terrain (recherche de balises, leader – serre-file, sécurité, simulation d’accident, pose de main courante ou assurage de fortune, se repérer, identifier un sommet, …).

L’exposé demandé par le CAF Nice Mercantour, dont je ne voyais pas très bien l’intérêt initialement, m’a obligée à me plonger de manière plus approfondie et théorique sur un sujet en lien avec le milieu montagnard. Pour ma part, je comprends dorénavant un peu mieux les phénomènes météo, et un bulletin météo détaillé présentant les fronts, dépressions, anticyclones, phénomène de convection, etc. ne me laisse plus indifférente, à défaut de faire de moi une experte … Je regarde également les nuages d’un autre œil ! Il était également très enrichissant d’écouter les exposés de chacun, qui m’ont permis d’en apprendre beaucoup sur des sujets que je n’aurais pas pensé à explorer, et dans un contexte qui, je trouve, facilite la mémorisation des éléments clés, avec une écoute mutuelle attentive et respectueuse.

Je ne regrette donc absolument pas l’investissement personnel – assez important, pour suivre les formations et essayer d’en retenir le maximum – que représente la préparation du brevet d’Initiateur randonnée montagne FFCAM. Au contraire, j’en sors enrichie et mon envie de partager mes connaissances et terrains de jeu avec les membres du CAF est plus forte que jamais. A très bientôt à tous sur les sentiers, peut être à l’occasion de sorties mutualisées des CAF de Marseille-Provence, Cannes et Nice Mercantour !

Simulation de l’itinéraire vers l’Agnellière (non enregistré au GPS) via SityTrailEditor

Simulation de l’itinéraire vers l’Agnellière (non enregistré au GPS) via SityTrailEditor

La trace GPS de la randonnée du parking supérieur du Boréon vers les lacs Bessons puis le refuge de la Cougourde (enregistrement sur SityTrail).

La trace GPS de la randonnée du parking supérieur du Boréon vers les lacs Bessons puis le refuge de la Cougourde (enregistrement sur SityTrail).

credit photo: Christiane, Remy, Yoan
credit photo: Christiane, Remy, Yoan
credit photo: Christiane, Remy, Yoan

credit photo: Christiane, Remy, Yoan

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