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Charmants Charmoz et blanche Verte

par Martin 10 Août 2015, 21:07 alpinisme

Lundi 13 juillet : Nous voici avec mon pote Jojo à Cham pour une petite semaine d'alpi. Ici aussi la canicule a frappé : couloirs secs, chutes de pierre, rimayes béantes... on élimine vite du programme les courses glaciaires. Mais on ne se laisse pas abattre pour autant : les 4 prochains jours étant annoncés grand beau, ça sera bivouacs et arêtes rocheuses au menu !

Le sac et les courses faites, nous prenons dans l'aprèm le télé pour le plan de l'aiguille, direction la mythique traversée charmoz-grépon !

En vérité ça commence par un portage de sac bien lourd sur une moraine bien chiante... mais 2 petites heures plus tard, nous arrivons au bivouac 3 étoiles sur la moraine des nantillons et on déguste l'apéro face à l'objectif du lendemain (bières, saucisson, cacahuètes... il faut prendre des forces!). On assiste au retour des cordées les plus tardives vers 21h : on les observe éviter tant bien que mal quelques frigos qui dévalent depuis le haut du glacier... ambiance pour le lendemain !

Bivouac face à Charmoz-grépon : apéro, révisage de topo et kaméaméa avant de dormir
Bivouac face à Charmoz-grépon : apéro, révisage de topo et kaméaméa avant de dormir
Bivouac face à Charmoz-grépon : apéro, révisage de topo et kaméaméa avant de dormir

Bivouac face à Charmoz-grépon : apéro, révisage de topo et kaméaméa avant de dormir

3h : le réveil sonne, il fait froid, sortir du duvet est un cauchemar, le petit-dèj nescafé-brioche a du mal a passer... mais tout va bien !

4h : c'est parti ! On passe tranquillement sous les frigos (stabilisés à cette heure), on zigzag entre quelques crevasses et on grimpe dans le noir en crampon et sur coinceurs sur le rognon rocheux qui donne accès à la partie supérieur du glacier : passé par là il y a 10ans, c'était du 2... désormais avec le recul glaciaire il y a 50m de IV+ qui permettent d'être parfaitement réveillés pour la suite ! Ca tombe bien : ensuite il s'agit de passer « en courant » sous un sérac...

6h : nous voici sur le rocher à l'aplomb du couloir charmoz-grépon. Petit instant de doute : et si on allait direct au grépon, ça serait moitié moins long non ?

Montée vers les Charmoz : lever de soleil sur la descente et vue sur le Grépon
Montée vers les Charmoz : lever de soleil sur la descente et vue sur le Grépon

Montée vers les Charmoz : lever de soleil sur la descente et vue sur le Grépon

8h : on n'a pas craqué : on sort au soleil sur l'arête des grands charmoz ! Et le premier passage historique est derrière nous : la fissure Burgener qui est plutôt une cheminée glauque englacée...

La suite est magnifique : pendant 5h nous cheminons plus ou moins sur le fil de l'arête sur du beau granit dans une ambiance gazeuse et un panorama de folie... avec quelques passages en grosses dans le IV/V qui n'ont rien à envier à nos escalades modernes en 6 ! On coche un par un les passages historiques qui nous ont fait rêver : le Bâton Wicks, le livre ouvert, le Trou du Canon, la fissure Mummery, la Vire à Bicyclette, la délicate fissure en Z... et à 13h on déguste enfin le picnic de la victoire en compagnie de la vierge au sommet du Grépon.

Ambiance sur l'arête : de la sortie à la vire à bicyclette en passant par le baton de wicks et la vue sur l'aig de Roc
Ambiance sur l'arête : de la sortie à la vire à bicyclette en passant par le baton de wicks et la vue sur l'aig de Roc
Ambiance sur l'arête : de la sortie à la vire à bicyclette en passant par le baton de wicks et la vue sur l'aig de Roc
Ambiance sur l'arête : de la sortie à la vire à bicyclette en passant par le baton de wicks et la vue sur l'aig de Roc
Ambiance sur l'arête : de la sortie à la vire à bicyclette en passant par le baton de wicks et la vue sur l'aig de Roc

Ambiance sur l'arête : de la sortie à la vire à bicyclette en passant par le baton de wicks et la vue sur l'aig de Roc

Descente vers la vire à bicyclette

Sommet du grépon : c'est le pied avant la descente !
Sommet du grépon : c'est le pied avant la descente !
Sommet du grépon : c'est le pied avant la descente !

Sommet du grépon : c'est le pied avant la descente !

17h : la boucle est bouclée, nous voici de retour au bivouac après être repassé, non sans quelques appréhensions, sous le sérac, sur les crevasses, sous les frigos... Et on se paye même le luxe, en courant un peu, d'attraper la dernière benne qui nous évite 1400m de descente à pied...

Lendemain 10h : petit-dèj conseil de guerre sur le programme ! Les jambes sont un peu lourdes mais la motivation est là et le grand beau aussi... Et comme Rébuffat a dit « Avant la Verte on est alpiniste, à la Verte on devient montagnard... » et que Jojo n'y est pas encore allé, notre choix est vite arrêté : ça sera montée à la Verte par l'arête des Grands Montets, descente par l'arête du Moine...

15h : la mise en route a été un peu difficile mais on quitte enfin l'aiguille des grands montets. On est déjà à quasi 3300m et on n'a « que » 300m de déniv à faire jusqu'au pied de la Tour carrée où l'on compte bivouaquer : ça a du bon aussi les remontées mécaniques des fois !

On croise quelques cordées qui descendent de la petite verte puis on quitte « l'autoroute » de la petite verte pour basculer sur le versant sauvage et inhospitalier du Nant blanc. Le topo indique laconiquement de suivre « un système de vires transversales » avec des cairns réguliers : en réalité on se retrouve en terrain pourri avec un cheminement pas évident du tout entre escalade de piles d'assiettes et vires sableuses sans le moindre cairn ou presque...

 

De la petite verte à "au milieu de nulle part", paumés sous l'arête des grands montets versant nant blanc
De la petite verte à "au milieu de nulle part", paumés sous l'arête des grands montets versant nant blanc
De la petite verte à "au milieu de nulle part", paumés sous l'arête des grands montets versant nant blanc

De la petite verte à "au milieu de nulle part", paumés sous l'arête des grands montets versant nant blanc

Au bout de 3h dans ce merdier on arrive enfin au pied de la pointe Farrar. A partir de là, c'est nettement mieux : du bon rocher et un itinéraire logique nous amène en un quart d'heure au bivouac... pile poil pour le diner ! C'est nettement plus spartiate qu'au Nantillon : chacun sa couchette de cailloux d'1m2, de part et d'autre de l'arête ! Heureusement, le cadre grandiose rattrape le peu de confort !

Tea-time au bivouac face au Dru

4h : Réveil ! La nuit aura été à la hauteur du bivouac : courte et inconfortable... le petit dèj pas mieux : on a plus de gaz pour se faire un café chaud ! Va pour l'ice-tea, c'est toujours mieux que rien...

4h30 : on attaque la tour Carrée à la frontale... ça grimpe mais au moins on a pas peur du vide : on ne voit rien quand on pointe la frontale vers le bas ! Et nous voilà vite réchauffés par le IV+ local... après la Carrée on rejoint laborieusement la pointe Segogne, ultime bastion rocheux avant la calotte sommitale neigeuse. 3 superbes longueurs en V fissure à protéger, bien frisquette de bon matin, et 2 rappels nous y mènent.

Les fissures "parfaites" de la Pointe Segogne
Les fissures "parfaites" de la Pointe Segogne
Les fissures "parfaites" de la Pointe Segogne
Les fissures "parfaites" de la Pointe Segogne

Les fissures "parfaites" de la Pointe Segogne

9h30 : on s'accorde une pause picnic au pied de la calotte : ça fait quand même déjà 5h qu'on trime ! On sort les crampons, les 2 piolets et c'est parti pour la neige !

Maintenant, c'est tout droit !

Pause-dwich et c'est parti pour la calotte sommitale
Pause-dwich et c'est parti pour la calotte sommitale
Pause-dwich et c'est parti pour la calotte sommitale
Pause-dwich et c'est parti pour la calotte sommitale
Pause-dwich et c'est parti pour la calotte sommitale

Pause-dwich et c'est parti pour la calotte sommitale

11h : sommet ! Youpi !

Yapluka redescendre... plus facile à dire qu'à faire par la loooongue arête du moine (le rapide couloir whymper et ses rappels étant impraticables par cette sécheresse). Le topo annonce 4 à 6h de descente... on en mettra quasi 8 ! J'y étais passé il y a 12 ans (l'année de la canicule, sans jamais mettre les crampons) et ça m'avait laissé plutôt un bon souvenir... à tort : c'est du caillou pourri presque tout du long avec qq rappels sur vieilles sangles ou désescalades malcomodes... le tout en crampon parce qu'on trouve souvent de courts passages enneigés/glacés... Bref, on a pris notre temps et on est arrivé au couvercle pour le dîner (un délice après ça !)!

Le sommet et la looongue arête de descente vers le couvercle....
Le sommet et la looongue arête de descente vers le couvercle....

Le sommet et la looongue arête de descente vers le couvercle....

Retour au bercail tranquillement le lendemain matin... puis 2 jours de glandouille et de couennes entre les averses pour s'en remettre !

Merci Cham et à bientôt !

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